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Sidiki BAKABA met en scène le pouvoir politique en Afrique
A l'occasion de la saison théâtrale au palais de la culture, Sidiki Bakaba présente "La malice des hommes", le 19 mars prochain. Le Temps l'a rencontré.
Le Temps - RCI, 12/03/2010

"La malice des hommes", comment peut-on comprendre cela ?


"La malice des hommes" est une pièce de Pierre Guingané, professeur burkinabé, dramaturge, metteur en scène. Il organise aussi un festival de théâtre dans son
pays. Cette pièce parle du pouvoir en Afrique. Il parle également de la démocratie, du pouvoir unique, d'amour, de symboles africains. C'est ce qui est louable dans sa manière de traiter ce problème qui malheureusement secoue l'Afrique. En fait, il parle
d'un Monsieur qu'il nomme " Son Excellence". A 12 ans, il entre dans un séminaire, et on pensait qu'il allait être un prêtre et même le premier Pape noir d'Afrique. Mais, le destin lui oppose autre chose. A 23 ans, vers la fin de ses études, il a un coup de foudre pour une fille qu'il voit à l'église. Et c'est fini pour lui, c'est l'amour. Le coup
est tellement fort qu'il quitte le séminaire et va à la recherche de cette fille. Et quand il arrive chez elle, on lui dit trop tard, elle est déjà mariée. Elle est partie avec son mari. Ce jour là, il décide de devenir un autre homme pour pouvoir arracher la fille à son mari. Ainsi, il rentre dans l'armée où il progresse vite et atteint le sommet. De là, il apprend que le mari de la fille n'est autre que le frère-cadet du Président de la République. Ainsi, il lie une amitié avec le couple.
Cette relation fait courir des rumeurs qu'il est en train de préparer un coup d'Etat. C'est alors qu'il profite de ces rumeurs pour passer à l'action. Il réussit son coup d'Etat et court pour prendre sa Margueritte au milieu des cadavres. Mais hélas, Margueritte
est morte ...


Pourquoi vous avez décidé de jouer cette pièce, en ce moment ?


Mais je l'ai dit, c'est une histoire de rencontre. Vous savez, le Président de la République, en me confiant le Palais de la Culture, m'a chargé de faire renaître le
théâtre. Cela veut dire que le théâtre ivoirien connaît un malaise.
Et il y a toute une génération de jeunes qui n'ont pas connu le rayonnement du théâtre ivoirien. Et sur ce plan, je voulais remercier le Président Mamadou Koulibaly, qui a fait un travail extraordinaire. Chaque fois qu'il y a un spectacle, non seulement il
vient, mais il venait avec des écoles entières des quartiers démunis comme Koumassi, Marcory. Pour revenir au choix de la pièce. Vous savez, la création est divine, l'inspiration l'est. C'est-à-dire je peux aller dans toute sorte de répertoire. J'ai fait " C'est ça là même ", que j'avais commencé il y a trente ans. C'est une pièce qui relate l'histoire de mon pays depuis la colonisation.
C'est en juillet que j'ai rencontré Guingané mais j'avais déjà annoncé à la presse que le prochain spectacle de la saison c'était Nuit de Cristal, une pièce d'un écrivain togolais. Mais l'homme propose Dieu dispose. Quand je prends une pièce, je l'analyse et je me demande si ça rentre dans les préoccupations du moment. Je veux dire, j'ai besoin de quelque chose qui me parle et m'interpelle. Que la pièce soit écrite par un Russe, un Chinois ou un Allemand, l'essentiel est qu'elle répond aux exigences du
moment. C'est là que le divin réagit. Donc, quand Jean Pierre Guingané m'a proposé cette pièce, je lui ai dit d'abord qu'elle est très accessible.

 

C'est aussi une façon pour Jean Pierre de dire non à la violence dans le jeu politique ?

 

Mais oui, moi je pense que Jean Pierre veut dire non à la violence. C'est-à-dire, l'amour de la femme l'a amené à la violence, jusqu'à verser du sang. Et c'est en ce moment que la main divine est venue pour lui dire non, tu n'auras pas cette femme. Et dans la pièce il dit: "Dieu n'aura jamais rien arrangé ", j'ai adoré ça. Mais en fait, ce n'est pas ça.

 

Autrement dit, il y a de l'espoir ?

 

Ah oui, il y a de l'espoir. Moi, je crois qu'il y a de l'espoir et c'est ce que je fais dans ma mise en scène. Bon ça, je ne le décrirai pas (il se marre). On verra comment je finirai la pièce pour qu'on sache cet espoir. Et je joue ici sur mon esthétique, sur le noir et blanc c'est-à-dire que c'est noir et blanc ; la vie est en couleur et le plus souvent, c'est le passé qu'on met en noir et blanc. Je ne sais pas, mais c'est comme une convention qui fait qu'on met toujours le passé en noir et blanc et le présent en couleur. Et moi, l'enfant de l'indépendance que je suis, le présent de l'Afrique sera en noir et blanc et le passé en couleur d'où le petit moment de flash back dans ma pièce.

 



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