LANCEMENT DU PROJET DE CONSTRUCTION DE DIX (10) "MAISONS DE VIE AYALA BAKABA"
Avec Ayala BAKABA et l'Association l'«Institut les Belles Demeures», en partenariat avec le Palais de la Culture d'Abidjan et la Radio Nostalgie, construisons pour 2500 enfants orphelins de guerre dans la région de l'Ouest, dix (10) maisons de vie.
Faites parler votre cœur et offrez avec vos dons, respect, dignité et espoir d'un avenir meilleur à ces enfants éprouvés par la guerre.
Nous construirons avec vos dons en nature et en espèce ces maisons de vie qui leur apporteront reconfort, santé, éducation et surtout cette solidarité villageoise si chère à notre culture ivoirienne.
Adressez vos dons au Palais de la Culture d'Abidjan, à Radio Nostalgie pour le soutien aux enfants orphelins de guerre.
- COMPTE BANCAIRE CECP «INSTITUT LES BELLES DEMEURES N° 01201 050 0972 041069»
Année 2007, Année de Paix et d'Amour pour nos enfants orphelins de guerre.

INTERVIEW
de
Mme Yvette BAKABA
LA
CULTURE, CREUSET DE L’ACTION HUMANITAIRE
Madame
BAKABA, le PALAIS DE LA CULTURE brûle de vie aujourd’hui.
Vous êtes considérée par nombre de personnes
comme étant la muse discrète et fidèle du
maître des lieux, Monsieur Sidiki BAKABA. Vous l’inspirez
sur le plan artistique et culturel, mais également sur
le plan humanitaire. La Côte d’Ivoire a vécu
des événements douloureux et, dans cette adversité,
vous avez gardé la flamme allumée.
Parlez-nous
de votre dévouement entier à l’endroit des
démunis, des handicapés, des malades des enfants
et des victimes de la guerre par le biais de votre collaboration
avec le PALAIS DE LA CULTURE et certaines Organisations ou
Associations humanitaires.
Il s’avère que lorsque nous avons écrit en 1998 le scénario
de «ROUES LIBRES», nous avons dû rencontrer beaucoup d’handicapés
et connaître leurs conditions désastreuses de vie et d’encadrement
en Côte d’Ivoire. Dès le départ nous avions entrepris
des démarches avec la Fédération des handicapés
de Côte d’Ivoire (FEHACI) qui s’est sentie interpellée
et passionnée par ce film. Nous avons été constamment
en relation très amicale non seulement avec Monsieur DOGO Raphaël
qui est le président de la FEHACI, mais également avec les
différentes Associations de handicapés de Côte d’Ivoire
qui font partie de la FEHACI. Notre première action a été de
faire venir 20 fauteuils roulants que nous avons donnés, avant même
le tournage, aux différents comédiens participant à cette
aventure. Ces fauteuils ne faisaient bien entendu pas partis des émoluments
des artistes.
Pour
trouver ces fauteuils roulants, nous avons rencontré un Général
français à la retraite ; le Général SIMONNET.
Il nous a fait rencontrer SOLIDARITES INTERNATIONALES SOMME qui est une Association
installée en France à Amiens (dans la Somme). L’action
de cette Association c’est de récolter du matériel médical,
des médicaments, tout ce qui peut, autour des équipements hospitaliers, être
récupéré et convoyé chez nous. Ce partenariat
conclu, nous avons, reçu 25 fauteuils, un peu plus que ce qui avait été prévu
au départ et cela a été vraiment notre première
collaboration. En dehors des fauteuils, le container contenait aussi des
médicaments, du matériel hospitalier d’une valeur de
deux cents millions (200 000 000 F CFA).
Nous
avons réparti les dons dans les différents centres
hospitaliers de la ville et dans quelques directions : à Abengourou
qui est la ville natale de Monsieur BAKABA, à Tenguélan
qui est la ville d’attache de Monsieur N’GOYE l’un
des membres ivoiriens les plus actifs de SOLIDARITES
INTERNATIONALES SOMME, puis dans certain nombre de petites
villes d’où l’on nous a adressé des
demandes. Ce fut ainsi une première action jugée
très intéressante et satisfaisante.
Tout est donc parti du film ?
Oui,
en effet.
Vous
n’aviez certainement pas prévu cela à l’origine…..
Nous
avions prévu dès la conception de ce film de faire
une action humanitaire. Absolument. C’étaient simplement
des fauteuils roulants et finalement lorsque nous avons su qu’à Amiens
il y avait beaucoup de matériel, nous avons élargi
notre action en accord avec solidarités Internationales
Somme. En dehors de ces fauteuils roulants, nous avons aussi
mené une petite action avec la chaîne française
ARTE qui avait programmé en mai 2002 la sortie d’une
série de films tournés et produits en Afrique.
Une série de 6 films qui s’appelait «Regards
Noirs» et dont «ROUES LIBRES» faisait partie.
L’action était discrète et a eu lieu lors
des journées portes ouvertes organisées par ARTE
au Musée DAPPER à Paris. Pendant cet événement
où la série de films a été présentée
en première, ARTE a confectionné et vendu des T-shirt à l’effigie
de la FEHACI. Et les responsables de la chaîne nous ont
envoyé ensuite le chèque correspondant au montant
des ventes. C’était très symbolique (400
Euros). Mais c’était un geste qui a beaucoup touché la
fédération des handicapés et qui m’a
aussi personnellement touché par son côté inattendu.
Voilà résumé notre première action.
Le
constat du manque important d’aide aux handicapés,
appuyé par la réussite de la première
action a certainement galvanisé votre cœur en faveur
d’autres actions.
Voyant
qu’il y avait une forte demande, nous avons essayé de
chercher plus systématiquement d’autres fauteuils
roulants et puis toutes sortes d’appareillages pour handicapés.
Toujours avec SOLIDARITES INTERNATIONALES SOMME, nous avons réuni
du matériel hospitalier, du matériel pour handicapés
d’un montant de deux cent cinquante millions de francs
(250 000 000 FCFA). Il s’avère que j’ai pu
obtenir gratuitement d’un sponsor un conteneur de 40 pieds.
Peut-on
connaître le nom de ce généreux sponsor
?
Oui,
c’est la SOCOPAO, par l’intermédiaire de Monsieur
VAILLANT qui en était le responsable à l’époque.
Il faut aussi dire que j’ai pu obtenir de la Présidence
de la République de Côte d’Ivoire que nous
puissions utiliser les possibilités du service des actions
sociales de la Présidence. Ainsi, grâce à l’équipe
de la Présidence nous avons pu obtenir de faire sortir
ce matériel du Port gratuitement. Là aussi, c’est
un partenariat qui s’est établi et qui s’est
révélé très efficace.
C'était donc bien avant la guerre ?
C’était
avant la guerre. La deuxième action s’est préparée
en 2002. Et le hasard du calendrier a fait que nous avons réceptionné le
container en octobre de la même année . Il est arrivé en
septembre et nous l’avons reçu au PALAIS DE LA CULTURE
en octobre. Nous avons donc pu, toujours en partenariat avec l’ONG
SOLIDARITES INTERNATIONALES SOMME, représentée
par Monsieur N’GOYE, en partenariat avec le PALAIS DE LA
CULTURE et avec moi-même, faire ce don d’une valeur
de deux cent cinquante francs (250 000 000 FCFA) dans lequel
il y avait et des fauteuils roulant que nous avons remis à la
FEHACI des médicaments et du matériel hospitalier.
Lorsque
vous parlez de vous, est-ce pour le compte d’une structure
et laquelle ?
Ce
sont des actions que j’ai menées personnellement.
Il est vrai que je suis productrice de films; que cela m’a
aidée à rencontrer les handicapés de Côte
d’Ivoire. Mais, je ne pouvais pas envisager et cela est
important par rapport à mon éthique, de faire un
film dans lequel devait être exposée la situation
des handicapés en Afrique, même si c’est une
fiction inspirée d’un fait divers, sans m’interroger
sur ce que moi j’étais en mesure de faire pour leur
apporter un petit soulagement. C’est vrai, il faut reconnaître
que cette fois-là ce fut plus qu’important puisque
la guerre s’est déclarée le 19 septembre
et que nous avons eu la remise de dons le vendredi 27 octobre
2002. Grâce à la Présidence nous avons pu
remettre tout ce matériel tout de suite. Ce fut une liste énorme
d’équipements et autres dons dont été bénéficiaires
les CHU de Treichville, de Yopougon, l’hôpital militaire
d’Abidjan, l’hôpital d’Abobo Nord, l’hôpital
de Port-Bouët, les hôpitaux d’Abengourou, d’Agnibililékro,
le village de Tenguélan, les enfants orphelins des événements
d’octobre 2000, le Fédération des Associations
pour la promotion sociale des handicapés de Côte
d’Ivoire.
Avez-vous
une politique de suivi de ces dons ?
...Ce
qui est essentiel à mon sens, c’est que lorsque
nous amenons des dons, nous les remettons à des responsables.
Je crois que c’est quand même une garantie. Par ailleurs,
nous avons des correspondances avec les bénéficiaires
des dons. Ils nous disent dans quelles conditions ils les réceptionnent
et les installent. Et nous avons eu de nombreuses lettres de
remerciements. Un lien s’est tissé entre des gens.
C’est peut-être ça qui est important. Des
médecins sont venus, nous avons échangé.
Nous avons eu la certitude que ces matériels sont arrivés à destination
puisque nous avons visité des centres bénéficiaires.
Donc, sans l’ombre d’un doute, je peux dire que tout à été réceptionné.
Les
deux actions dont nous venons de parler concernent SOLIDARITES INTERNATIONALES SOMME. Qu’en est-il des autres actions
?
Actuellement,
je suis entrain de préparer une autre action avec Solidarités
Internationales Somme.
La
troisième ?
Ce
sera peut-être la quatrième car j’ai oublié de
dire que nous avons fait venir une ambulance qui va être
réceptionnée par la ville de Tenguélan qui
n’en dispose pas. L’ambulance est déjà arrivée à Abidjan
et elle est en train d’être dédouanée.
Maintenant, nous avons une opération humanitaire importante
qui va consister à recevoir encore un container de 40
pieds. Là c’est un partenariat nouveau, où nous
avons associé SOLIDARITES INTERNATIONALES SOMME et la
Mairie de Paris. Cette Mairie nous offre deux containers. Un
container pour acheminer un matériel humanitaire qui attend à Amiens
et un autre de livres. Là, avec une autre Association
qui s’appelle « Le Français en Partage» que
je représente à Abidjan.
Comment êtes-vous
entrée en relation avec la Mairie de Paris?
La
Mairie de Paris, c’est une action que j’ai menée
car je désirais impliquer une instance française
qui a à cœur d’apporter de l’aide même
modeste mais certaine. Mon problème c’est d’avoir
des conteneurs. Un conteneur de 40 pieds c’est de l’ordre
de 3 millions. Donc c’est beaucoup d’argent. En impliquant
la Mairie de Paris je voulais démontrer qu’il y
en France des Institutions qui se préoccupent des Ivoiriens.
La
mairie de Paris m’a accueillie avec beaucoup d’intérêt.
Lorsque je leur ai exposé quels étaient les objectifs de mes
actions humanitaires, ils m’ont dit qu’ils étaient partie
prenante car effectivement, il s’agit de soulager des populations en
souffrance particulièrement dans une période où la guerre
a fait des ravages et où l’on se heurte à une insuffisance
de matériel hospitalier, de médicaments, de vaccins, de kits
de survie pour les bébés dans les zones qui ont été terriblement éprouvées.
J’espère donc recevoir les deux conteneurs de la Mairie de Paris
courant 2004.
L’un
de ces containers ainsi que vous l’avez dit sera mis à la
disposition du
Français en partage pour un don de livres. Parlez-en.
Le
Français en Partage a pour vocation de répondre,
dans la mesure de ses capacités, à des besoins
urgents en livres. Ce sont des livres de récupération
d’excellente qualité, provenant de bibliothèques,
de centres de documentation, et que l’on amène partout
où il y a une demande en espérant répondre
au besoin très important d’appropriation culturelle.
Nous avons fait une première opération. J’ai
reçu deux (2) tonnes d’ouvrages. Là, nous
envisageons une action beaucoup plus importante. Monsieur Ferrando
DURFORT qui est le Représentant du Français en
Partage a rencontré beaucoup d’institution en Côte
d’Ivoire, en juillet 2002 et en juillet 2003. Nous avons
fait le tour d’un certain nombre de besoins. Il y avait
l’Agence Ivoirienne Francophone, la Bibliothèque
Nationale pour laquelle une importante action de réhabilitation
du stock de livres va être menée, la bibliothèque
Municipale d’Abidjan et bien sur des bibliothèques
de lycées dans la commune de Treichville où nous
sommes installés. Le centre de Ressources du PALAIS DE
LA CULTURE va aussi être totalement équipé en
ouvrages d’art dans toutes les spécialités
par le Français en Partage et nous prévoyons en
outre de faire une Foire du livre. Le principe de cette foire
consistera à vendre par exemple un livre qui coûterait
dix mille F CFA à 500 F CFA voire à 1000 F CFA
si c’est un livre exceptionnellement important ou ayant
un grand intérêt universitaire ou scolaire.
C’est
aussi une manière de démocratiser l’enseignement.
Et qu’allons-nous faire de cet argent ? Nous allons payer
les conteneurs, l’acheminement du matériel jusqu’au
PALAIS DE LA CULTURE, la mise en condition du matériel à Paris
jusqu’à l’arrivée à Abidjan.
Un peu d’argent sera remis au PALAIS DE LA CULTURE puisque
la Foire du Livre se déroulera ici et qu’il faudra
payer la location. 80 % de la vente sera consacrée aux
frais du prochain acheminement des ouvrages qui viendront en
Côte d’Ivoire parce que pour répondre favorablement
aux nombreuses demandes des Institutions, il nous faut trouver
de l’argent pour disposer des conteneurs.
La
collaboration avec le Français en Partage est-elle née
du projet de «L’OISEAU-LIVRES » ?
Pas
tout à fait. Etant universitaire, je suis donc attachée à tout
ce qui véhicule la connaissance. Et le livre pour moi
est un instrument privilégié. Ma rencontre avec
Ferrando DURFORT a donc consacré mon projet qui n’est
plus une simple collaboration car je suis devenue membre du Français
en Partage. D’où, l’équipement de «L’OISEAU-LIVRES»,
l’équipement de bibliothèques dans la commune
de Treichville, les différentes actions que nous pouvons
mener avec un certain nombre d’Associations qui essayent
de véritablement ré-impliquer la jeunesse à la
lecture.
Madame
BAKABA, certains édifices et centre de l’intérieur
de la Côte d’Ivoire porte désormais votre
nom, en reconnaissance de la portée de vos actions humanitaires.
Dans ce cadre vous êtes en relation avec l’ONG «LES
BELLES DEMEURES». A quand remonte cette autre aventure
humanitaire ?
Les «LES
BELLES DEMEURES» est une structure à caractère
caritatif et dont l’objectif est de faire un travail d’éducation,
d’Assistance et d’insertion en faveur des enfants
en situation difficile entre l’âge de 0 et 18 ans
dans la région de l’ouest de la Côte dIvoire.
Cette Association est représentée par le Révérend
SIEHI Benjamin que j’ai eu l’occasion de rencontrer
lorsqu’en octobre 2002 nous sommes partis avec la Société Civile
en mission avec le PALAIS DE LA CULTURE pour la réalisation
d’un documentaire. Cela répondait à la nécessité dès
le début de la guerre, de rencontrer les populations afin
de les prévenir du danger de la guerre civile ou religieuse
et d’amener les uns et les autres à l’apaisement, à la
recherche de la paix. Il nous paraissait très important
que les artistes également manifestent dès le début
par leur action, leur volonté d’amener le plus vite
possible les Ivoiriens à surmonter leur conflit et d’abord à se
parler puis à retisser des liens qui permettaient la venue
de la paix. Nous voulions éviter le pire : la généralisation
de la guerre. C’est donc à l’occasion de la
caravane de la paix conduite par Monsieur Honoré GUIE
que j’ai rencontré le révérend SIEHI.
Une amitié s’est nouée, de laquelle est ressortie
une action en faveur des populations, particulièrement
des enfants vivant dans les zones déplacées. Depuis
cette rencontre, je participe dans la mesure de mes moyens à
... des actions.
Alors, ma grande surprise a été de constater que
les « Belles Demeures » ont décidé d’ouvrir
des centres d’enfants à Bangolo, Duékoué,
Man, Kouibly, et Fakobly et ils portent mon nom. Ma première
réaction a été de refuser poliment, compte
tenu non seulement de mes nombreuses responsabilités et
actions humanitaires, mais aussi parce que l’on ne peut
pas tout faire. Cependant quand j’ai compris que C’était
le révérend qui était au cœur de tout
cela, il m’a été très difficile de
refuser de participer à ces actions.
Et
comment ou par quoi se caractérisent–elles ?
Dans
un premier temps j’apporte une assistance matérielle
ensuite, dans un second temps, peut-être également
un espoir d’écoute des problèmes de ces enfants
et une ouverture aussi sur Abidjan. Au menu des activités
de ces centres, il y a un programme humanitaire et médical…
Les
Axes principaux
Alors,
il y a beaucoup de choses : l’encadrement et le suivi des
enfants de la rue, la gestion des conflits, la formation, l’encadrement,
l’alphabétisation, la prise en charge d’enfants
orphelins du SIDA, un centre de métiers, un centre de
sensibilisation et de prévention contre le SIDA, la lutte
contre l’exploitation et le trafic des enfants, un centre
d’hébergement, la lutte contre la prostitution etc.
En
fait, il y a énormément d’activités
qui sont prévues. Et il est encore une fois vrai que si
nous n’avions pas connu les calamités de la guerre,
ces centres se seraient bien développés. Un envoi
de médicaments est prévu avec le maire de Palerme
(Italie) et la communauté Ivoirienne de la ville avant
mai 2004.
En
dehors de toutes les Associations dont vous venez de parler,
y en a-t-il d’autres ?
Là,
je crois que leur nombre est suffisant puisqu’il y a le
Français en Partage, Solidarités Internationales
Somme, les Belles Demeures et le travail que je continue de faire
avec la Fédération des Handicapés de Côte
d’Ivoire. Le Palais de la Culture est impliqué dans
ces actions, puisque toute l’équipe ici participe à ces
dons humanitaires. Cela veut dire que nous réceptionnons
les dons ici, nous les mettons à la disposition des différentes
Associations qui viennent les chercher au PALAIS DE LA CULTURE
et nous créons de petits événements autour.
Parce qu’un lieu de culture, c’est un lieu de vie.
A un moment où les gens souffrent, la culture n’est
pas un champ clos. Ce n’est pas un en soi. C’est
un espace social, de réflexion, d’interpellation,
d’écriture, de réalisation, et, comme nous
l’avons découvert avec la guerre, un espace de soutien
aux populations en souffrance. L’oiseau livres a été une
idée du Directeur du Palais de la Culture. Mais comment
mettre des livres dans l’avion, c’est une action
de Madame BAKABA. C’est une manière de collaborer
et de participer à un rêve. Nous avons fait des
dons de sang, monté des émissions de télévision,
monté des spectacles en faveur des personnes déplacées.
Toutes ces actions ont été faites dans le même
sens : soulager. Si nous le pouvons , pourquoi ne pas le faire.
Pour avoir accès à la Culture, il faudrait déjà que
le cœur y soit. C’est un vaste échange d’émotion,
de lucidité créative et tout cela s’enracine
dans le terreau de la vie .
Vous
parlez de la vie, et la vie humaine c’est en général
l’union de deux cœurs dans l’amour. Le PALAIS
DE LA CULTURE a permis à des hommes d’arme de célébrer
leur mariage dans vos murs. Un des nombreux événements
inédits auxquels le PALAIS DE LA CULTURE d’ABIDJAN
sous la houlette de Sidiki BAKABA a habitué le public.
Racontez-nous cette autre fête symbole de luxuriance de
la vie même en pleine guerre.
Ces
mariages ont été quelque chose en effet d’assez
fantastique. Je dirais la chose suivante : Nous sommes à côté de
la Garde Républicaine. Nous entretenons d’excellentes
relations de voisinages . Mais disons que c’est le fruit
d’un travail. Nous avons petit à petit noué des
liens qui sont passés d’une observation de voisins, à un échange
de services. Ils ont accepté de venir encadrer certaines
de nos manifestations. Puis nous leur avons proposé de
venir assister à nos spectacles à des coûts
d’amis. C’est assez extraordinaire quand vous avez
50 à 60 corps habillés venant voir une pièce
de théâtre. C’est quelque chose d’intéressant
. Ces relations de bon voisinage sont devenues donc des relations
d’amitié et de solidarité. Lorsque nous nous
sommes trouvés dans une situation difficile, au cours
de laquelle nous ne pouvions plus payer les prestataires de service
qui assuraient la garde et la sécurité au PALAIS
DE LA CULTURE, nous nous sommes tournés vers nos voisins
et nous leur avons demandé de surveiller le PALAIS DE
LA CULTURE la nuit. Ils l’ont fait avec honneurs. Cela
nous a permis d’alléger nos dépenses en divisant
pratiquement par deux notre facture et de protéger le
Palais de tout risque d’attaques et de dégradation
en cette période de crise. Lorsque nous avons entendu
parler de ces mariages, il sont venus nous demander la location
de la salle Anoumabo pour se marier. Pour les remercier du bon
voisinage, de leur soutien et de leur travail, nous leur avons
fait la surprise de leur donner la salle pour la célébration
de leurs mariages en contrepartie de leur présence sur
le site. Imaginez le théâtre Anoumabo contenant
600 mariés sans compter les invités ! C’était
beau et étonnant à la fois.
Cette
action visait certes la célébration de l’amitié et
du bon voisinage, mais aussi le soutien aux Forces Armées Nationales
de Côte d’Ivoire (FANCI). Parce que pendant cette guerre, ils ont
eu à prendre de lourdes responsabilités. On ne peut donc que
les en remercier. A Chaque fois que faire se peut, si nous pouvons nous rendre
utile, nous n’hésiterons pas, de la même façon qu’ils
sont constamment avec nous pour nous aider lorsque nous avons des imprévue.
La
Culture et l’action humanitaire semblent pour vous s’inscrire
dans le même prolongement. Elles se tiennent, se complètent,
vont de pair
Je
crois que l’action humanitaire est une culture. C’est
une culture démocratique. Une culture de reconnaissance
de la souffrance de l’autre. C’est une volonté de
partage. Dans des moments difficiles comme ceux que nous avons
traversés. La générosité, oui, a
une dimension culturelle. Je ne vois pas la culture renfermée, égoïste
ou en vase clos. Pour moi la culture est quelque chose qui traverse
entièrement le champ social. Et comme je l’ai dit
tantôt, elle s’enracine dans la vie d’un peuple.
Indépendant
même des prises de parti ?
En
dehors de tout cela bien entendu. Parce que les options politiques
des uns et des autres, c’est quelque chose qui est en rapport
avec la responsabilité citoyenne. Alors que là,
il s’agit d’une écoute, d’un enracinement,
d’une immersion dans la vie sociale. Quand le peuple souffre,
on ne peut pas rester indifférent. Vous avez vu des enfants
qui ont apporté leur goûter aux enfants déplacés,
des familles dont chaque enfant a apporté un kilo de riz.
Comment ne pas imaginer des artistes apportant leur capacité relationnelle
et créatrice pour soulager ? Cela me paraît indispensable.
Pensez-vous
poursuivre toutes les actions entreprises lorsque la psychose
de la guerre ne sera plus qu’un mauvais souvenir relégué dans
l’oubli du temps ?
Cela
va de soi. L’action amène l’action. Une situation
en appelle une autre. C’est ça la vie. C’est
ce mouvement incessant et cette rencontre toujours possible.
Une action humanitaire c’est une petite goutte d’eau
dans le désert. Mais d’une goutte d’eau à une
autre goutte d’eau, on peut fertiliser un champ. Que chacun
amène une petite goutte d’eau, pourvu que ce ne
soit pas une larme… Là où nous sommes, nous
aidons à mieux être, à mieux vivre, à mieux
aimer, à mieux connaître la personne qui souffre
dans la même galère et lui dire qu’elle n’est
pas seule et, qu’on est ensemble à la recherche
d’un mieux être dans le respect de la vie et
l’amour
du prochain.
Une interview de Christian
KOCANI
Journaliste au quotidien ivoirien "24 Heures".
ACTIONS
HUMANITAIRES EN PERIODE DE GUERRE
Depuis octobre 2002, nous nous sommes inquiétée des conséquences de la guerre survenue en Côte d’Ivoire après la tentative de coup d’état manqué du 19 septembre 2002.
Nous avons donc participée à la caravane de la paix initiée par Monsieur Honoré Guié en Novembre 2002 et c’est ainsi que nous avons compris en observant les conditions de dénuement des populations déplacées de guerre tout au long de notre parcours à travers la Côte d’Ivoire, que la société civile et les artistes devaient faire barrage, par leur engagement en faveur de la paix, à l’extension de la guerre dans les cœurs et les esprits et prôner la solidarité en se mettant à la disposition des familles endeuillées et des enfants victimes de cette guerre absurde et cruelle.
C’est en participant à la Caravane de la paix que nous avons rencontré le Révérend Siéhi qui milite en faveur de la protection de l’enfance en offrant avec son ONG « L’institut les Belles Demeures » un cadre pour recueillir les enfants orphelins de guerre et les enfants vulnérables dans les zones du Moyen Cavally, les plus dévastées par le conflit.
Nous nous sommes impliquée par nos actions culturelles et nos dons, engageant aussi le Palais de la Culture dans notre politique d’éveilleurs de conscience. Nous avons pu soutenir les actions du Révérend Siéhi, mobiliser le Ministère de la Solidarité et la Présidence pour apporter un soutien moral et matériel à ces enfants orphelins qui réclament attention, soins et amour.
Mais la machine à fabriquer les orphelins, la situation de ni paix ni guerre et son cortège d’exactions meurtrières, a continué ses ravages en Novembre 2004, en Mai 2005, et aujourd’hui encore en Mai 2006 à Bangolo ; aggravant encore le sort des orphelins et des familles d’accueil.
C’est ainsi que nous avons porté secours, malgré la faiblesse de nos moyens, aux familles qui se sont réveillés le premier Juin 2005 dans un cauchemar indescriptible à Guitrozon et à Petit Duékoué : nous y avons perdu 55 enfants orphelins de guerre en une nuit, "tués" une deuxième fois dans leur famille d’accueil. Bouleversée par tant de cruauté génocidaire, nous nous sommes résolue à témoigner en produisant un documentaire sur ces massacres et ce fut l’occasion d’entendre les enfants et les mères d’accueil nous appeler à leurs secours.
Si nous n’avons pas les moyens de répondre à tout leur besoin, nous nous devons d’être la voix des sans voix, et par le biais de nos actions humanitaires, réveiller les consciences et espérer que la voix du Palais de la Culture soit entendue.
Nous ne pouvons nous substituer aux décisions de l’ Etat mais nous voudrions sensibiliser les Décideurs de notre pays que des actions d’urgence s’imposent pour sauver ces enfants de l’exclusion et de la souffrance matérielle et morale que nous leur imposons en ne donnant pas les moyens immédiats de leur sauvetage.
Nous devons faire l’économie d’autres rebellions car la frustration et le rejet sont de mauvais conseillers ; d’où la nécessité de prendre en compte ces enfants vulnérables et leur assurer un destin digne de la Côte d’Ivoire, sans attendre les calendes grecques.
C’est ainsi que nous avons organiser une mission humanitaire du 02 au 08 Avril 2006 dans les Localités suivantes : Bagohouo, Guitrozon, Gbapleu, Petit–Duékoué, Pona-Vahi et Sibably pour nous rendre compte des conditions actuelles des Enfants Victimes de la Guerre dans les zones menacées et leur apporter notre soutien Matériel, Affectif, et Culturel.
La rencontre a été d’une exceptionnelle qualité : Les Autorités et les Populations se sont mobilisées en nous manifestant une grande ferveur.
Les Valeurs de Solidarité, de Fraternité, et de Partage, se sont exprimés par des Echanges Culturelles et des Dons, les villageois déployant une Hospitalité exceptionnelle.
Face à ses Enfants Orphelins Victimes de la Guerre qui aspirent à une reconnaissance de la Nation, nous nous sommes fait la promesse de répondre à leur attente d’un avenir Meilleur et Fraternel.
Nous proposons donc aux autorités, la construction de dix centres sur des terrains offerts par les villageois pour la prise en charge sanitaire, psychologique et sociale des familles d’accueil et des enfants, afin d’inscrire dans l’espace social du village la volonté des ivoiriens de voir leurs enfants orphelins entourés, soignés, éduqués dans le respect des valeurs africaines de solidarité essentielles à l’épanouissement de la communauté dans son entièreté.
En réparant le tissu social déchiré par les conflits, nous participons à introduire la paix dans le village et dans les cœurs.
- Regrouper et encadrer les Enfants et Adolescents Rendus Vulnérables par les Conflits et les IST - SIDA à travers la création des Centres d'Accueil et d'Orphelinats.
- La Défense des Droits des Enfants et Adolescences en situation difficiles.
- L'Amélioration de leurs conditions et leur encadrement dans des Familles
d'Accueil. - Créer des Actions Sociales (Activités Génératrices de Revenus) en faveur de la Communauté pour une prise en charge de l'Enfant Vulnérable et Orphelin (OEV).